Château Grand Moulin à Lézignan-Corbières Version imprimable Suggérer par mail
Des crus de Corbières à Montréal :
Jean-Noël Bousquet, itinéraire d’un vigneron autodidacte…

Image Notre rencontre avec Jean-Noël Bousquet n’est pas ordinaire : même si la région marseillaise (notre camp de base) n’est pas très éloignée du Languedoc-Roussillon, c’est bien souvent à d’autres appellations françaises que nous avons consacré des reportages… Mais l’alchimie du hasard a opéré par l’intermédiaire de son ami du Québec, Alain Desjardins, transporteur international et lui-même ami de la famille Gervais de Montréal, nos amis… Bref, sur cette petite planète, encore plus miniaturisée par les nouvelles technologies de communication, il y a toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un et qui voudrait le faire connaître… Et nous voilà au Château Grand Moulin !

Image Située à l’intérieur même du village de Lézignan-Corbières, sur la RN 113, l’unité de vinification « Château Grand Moulin » dispose aussi d’une Boutique où les visiteurs peuvent déguster et acheter la gamme des vins de Corbières produits par la maison. Si aujourd’hui Jean-Noël Bousquet, 51 ans, exploite 80 ha de vignes dont 65 en AOC et 15 en vins de pays et possède une unité de production ultra-moderne, cela ne s’est pas fait tout seul aime-t-il à répéter. Le résultat est vraiment le fruit d’une vocation précoce associée à un travail acharné. « J’étais fils de négociants, dit-il, et mon père vendait des porcs. Comme tous les gens de ce pays, il possédait une petite vigne (3 ha) pour sa propre consommation. Chez nous on disait : « la buvette »… Dès mon plus jeune âge (vers 8 ans) j’ai su que je ferai ce métier : adolescent je livrais le raisin avec l’envie tenace d’en faire du vin…

Image J'ai acheté mon premier hectare à 17 ans, puis en 1978, j'ai profité d'aides accordées aux jeunes agriculteurs pour prendre en fermage 8 ha. Je portais alors mon raisin à la coopérative. L’apprentissage, je l’ai fait sur le terrain et si j’ai suivi quelques formations théoriques, c’est avant tout aux hommes qui m’ont formé que va ma reconnaissance. En 1988 j’achète 24 ha et installe ma cave sur le site d’un ancien moulin au bord de la rivière Orbieu. Mon entreprise croît et ma fierté est alors de parapher mes bouteilles ! Mais le grand essor, je le dois vraiment au coup de pouce québécois ! J’ai été littéralement boosté par ce nouveau marché qui s’offrait à mes produits.

La Médaille d’Or 1994 du fameux concours
« Sélections mondiales de Montréal »

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Jean-Noël Bousquet dans ses vignes
Cette année-là, les aléas de la vie me font rencontrer une étudiante en commerce international qui me sollicite pour concourir à ces « Sélections Mondiales de Montréal ». Sans trop de conviction – les concurrents sont nombreux – je présente un millésime 1991 qui remporte l’une des 14 médailles attribuées ! Cette distinction permet alors à mes vins d’être référencés à la SAQ (Société des Alcools du Québec). Il faut savoir que l’alcool, au Québec, est géré par cet organisme d’Etat et qu’aucun produit alcoolique ne peut être distribué en dehors de ce circuit. Outre les retombées financières de cette aventure québécoise, je vis aussi une aventure humaine exceptionnelle avec nos cousins d’Outre-Atlantique qui m’ont « pris en amour ». D’ailleurs, je le leur rend bien ! Je vais au Québec trois ou quatre fois par an et dès que j’ai posé les pieds dans l’aéroport de Montréal je suis sollicité de toutes parts : depuis plus de 10 ans, le réseau de copains n’a pas arrêté de grandir et mon ami Alain Desjardins a même créé une association « Club des Amis du Château Grand Moulin » qui a pour but de faire connaître mes vins aux Québécois. Le planning de ma semaine à Montréal est digne d’un ministre : rencontres de journalistes, de restaurateurs, visites de succursales, interviews à la radio (surtout à Joliette !), manifestations à clientèle ciblée, dégustations « mets et vins »… Rencontres avec des étudiants Québécois à l’Institut Technique de l’Hôtellerie du Québec (ITHQ) ou à l’Ecole des Laurentides… Les Québécois sont des gens d’un naturel cool, pas stressés et c’est un bonheur de travailler avec eux dans la bonne humeur et la confiance réciproque. Je reste fidèle à ceux qui m’ont mis le pied à l’étrier comme Pierre Lareche ou Rémi Lévêque… C’est grâce à eux si aujourd’hui je peux exporter mes vins de Corbières dans le monde entier !

Des installations entièrement détruites par les inondations de 1999…
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Les couleurs de l'automne rougissent le vignoble
Si notre homme a pris l’habitude de rebondir, il a quand même subi un gros revers lors des terribles inondations de 1999 : alors que tout venait d’être inauguré, cave d’élevage, gîtes, maison d’habitation au bord de la rivière… une vague dévastatrice a submergé et englouti plus de dix ans de travail. Il a fallu repartir à zéro ! Le choix s’est porté sur un domaine à l’exposition moins aléatoire et la nouvelle cave de vinification (dotée d’une cuverie entièrement en inox) est opérationnelle depuis l’été 2001. Côté vignoble, 5 ha de syrah ont été plantés en 2002 et 5 ha en 2003. Parallèlement Jean-Noël restructure le vignoble existant en s’appliquant, dit-il « à tirer la quintessence du rapport terroir/cépage... La taille de la vigne, ajoute-t-il, est pour moi un réel plaisir et finalement la tâche accomplie avec passion, ce n’est pas du travail ! » Autre détail garant de qualité : le tri des raisins se fait encore à la main à Château Grand Moulin…

Comment sera le cru 2005 ? C’est une bonne année et malgré des pluies abondantes juste avant les vendanges nous avons réussi à préserver la qualité. Ce millésime sera très intéressant ! Et la suite ? Mon fils ne sait pas encore s’il reprendra l’affaire… Il revient à peine d’un stage de trois mois dans une winerie de San Francisco !

La gamme des Corbières Château Grand Moulin se compose de 3 rouges, 2 blancs et un rosé :
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Laurence, première collaboratrice
- Corbières Rouge La Tour Château Grand Moulin
: 40% syrah, 40% carignan et 20% grenache. Elevé en cuves, ce vin fruité se boit jeune.
- Corbières Rouge Terres Rouges Château Grand Moulin : 60% syrah, 30% grenache, 10% carignan. Elevé 12 mois en fûts neufs pour 30% et en fûts d’1 à 4 vins pour 70%. Le terroir, relativement froid, à maturation lente, est situé sur une colline pentue lui permettant d’élaborer un vin charnu, épicé et qui peut se garder. Excellent sur les viandes rouges grillées.
- Corbières Rouge Vieilles Vignes Château Grand Moulin : 50% syrah, 20% carignan, 20% grenache et 10% mourvèdre. Elevé 12 mois en fûts. Un vin qui exprime fruits noirs et notes de garrigue. Après quelques années en bouteille, il évolue vers des arômes de venaison et il peut se déguster avec du gibier.
- Corbières Rosé La Tour Château Grand Moulin : 35% cinseault, 30%syrah, 20% grenache noir et 15% mourvèdre. Un rosé de caractère.
- Corbières Blanc La Tour Château Grand Moulin : 50% vermentino , 25% roussanne et 25% grenache blanc. Un blanc fruité idéal pour l’apéritif ou les fruits de mer.
- Corbières Blanc fermenté et élevé en fûts Château Grand Moulin : 50% grenache blanc, 25% vermentino et 25% macabeu. Un blanc conçu pour la garde. Sa puissance lui permet de se confronter aux mets forts en goût d’inspiration méditerranéenne.

"Château Grand Moulin" - RN 113 - 6, Av. Galliéni - 11200 LÉZIGNAN-CORBIÈRES
Tél : 04 68 27 40 80 – e-mail :




Mariage des mets et des vins à Lézignan-Corbières
au Restaurant Le Tournedos

Image Un établissement familial composé d’un petit hôtel de 19 chambres (2*) Le Tassigny et du Restaurant « Le Tournedos » apprécié par sa généreuse cuisine familiale. Les réservations sont recommandées car les deux salles se remplissent très vite à l’heure du déjeuner. Il faut dire que la famille Villarzel a su fidéliser une clientèle de vignerons (c’est la « cantine » de notre ami Jean-Noël Bousquet) et d’hommes d’affaires sensibilisés à l’atmosphère conviviale des lieux et à l’excellent rapport qualité/prix. Pierre Villarzel en cuisine, c’est les terrines ou le foie gras « maison », le cassoulet au confit, le tournedos aux morilles, les bonnes grillades au feu de bois ou encore les spécialités du terroir comme le « friginat », ce ragoût de restes nobles de cochon qu’on mangeait dans le temps après avoir abattu l’animal. La carte offre une large part aux desserts mais la maîtresse de maison « Gigi » recommande les délicieuses glaces « Pôle Sud » de ses amis Sylvie et Didier Barral qu’elle propose dans de nombreux et inattendus parfums. La formule rapide du déjeuner ne dépasse pas 12 Euros et le grand menu « Dégustation » impossible à terminer plafonne à 43 Euros ! Une excellente adresse pour une étape gourmande !

"Hôtel Le Tassigny" - Rond-Point de Lattre de Tassigny - 11200 LÉZIGNAN-CORBIÈRES
Tél : 04 68 27 11 51 - e-mail :



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